grain_de_ble Maxi-Addict
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Posté le: 16 Jan 2007 12:10 Sujet du message: |
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Les chansons qui l'ont fait rêver
(16/01/2007)
Treize tubes de la Tamla Motown et une chanson en français sur le nouveau Gilbert Montagné
BRUXELLES Get ready, My girl, Stop in the name of love, I'll be there, Ma chérie amour... Rien que des chansons immortelles qui ont, en commun, d'avoir été popularisés par des artistes noirs.
Ces chansons sont reprises par Gilbert Montagné avec un seul titre en français, Cette musique-là , sur un album dont le chanteur dit qu'il est la concrétisation d'un vieux rêve :
"Je voulais montrer aux gens un côté de moi qu'ils ne connaissent peut-être pas. J'ai toujours eu le coeur partagé en deux : un côté bien francophone et un côté anglophone qui me vient de toutes ces musiques que j'écoutais quand j'avais 12 ans, en 1963."
On les entendait en 1963 Ã Paris ?
"À l'époque, nous n'avions que trois malheureuses radios, Europe, RTL et France Inter, qui ne programmaient que du français. Il y avait quand même le Pop Club de José Arthur, sur France Inter, mais c'était à minuit. Je veillais un peu pour l'écouter. Et puis on recevait très mal les émissions de Radio Caroline, cette fameuse radio qui émettait en pirate depuis un bateau. Sur mon petit transistor, je devais chercher comme un malade pour attraper ça. Il n'y avait qu'un magasin, le Lido des Champs-Elysées où l'on trouvait ces disques en import. Mais je n'aimais vraiment que ça. Avec quand même un Français, Johnny Hallyday, et aussi Edith Piaf pour une raison plus particulière : je savais qu'elle était de mon quartier ! J'habitais à Ménilmontant et j'avais rencontré de vieilles personnes qui l'avaient connue à vingt ans. Pour moi, elle prouvait que d'être d'un quartier pauvre n'était pas un obstacle. Pas davantage que d'être un non-voyant."
Vous avez chanté ces chansons dans votre jeunesse ?
"À la maison ! Nous habitions un petit appartement. Cinquième étage, sans ascenseur. J'étais le dernier d'une famille de quatre enfants, né prématurément. Nous n'étions pas riches, mais mes parents m'avaient fait étudier le piano dès l'âge de 5 ans. Le piano classique avec des partitions en braille que je devais mémoriser avant de passer au clavier. Mais tout cela m'avait donné une certaine facilité à reproduire les harmonies. Il se trouve que j'avais de la famille aux Etats-Unis : une tante qui avait épousé un Marine et qui était allée vivre à Philadelphie. Vers 16 ans, j'ai pu y aller une première fois. Je me souviens que, dans la voiture entre New York et Philadelphie, j'entendais toutes ces musiques avec un son FM. Là , j'étais halluciné ! La première nuit, je n'ai pas dormi : j'ai fait le tour des stations de radio. Mes proches m'ont inscrit à un concours, à Atlantic City. Je voulais chanter une chanson de chez eux, mais je ne connaissais pas le texte en anglais. J'ai donc repris la version de Johnny Hallyday de Aussi dur que du bois. Il se trouve que ça a drôlement marché. J'étais décidé. C'est ça que je voulais faire. En 1969, un producteur m'a fait enregistrer un premier disque sous le nom de Lord Thomas et ça n'a pas marché. Grâce à Salvatore Adamo, j'ai pu en faire un deuxième, The fool. À partir de là , les choses ont été très vite et très fort."
Pourquoi, après un tel succès, avoir chanté en français ?
"C'est vrai qu'avec The Fool, on avait été numéro un dans onze pays. Les compagnies de disques m'avaient rassuré en me disant qu'après avoir enregistré une version française des chansons, on les ferait en anglais. Ça ne s'est jamais fait. D'autre part, les Français sont nuls pour l'exportation : ils sont trop fermés sur eux-mêmes. Cet album-ci, par contre, a une vocation internationale et on va tout faire pour le sortir un peu partout."
Il y en aura d'autres dans ce genre ?
"Je l'espère. Vous savez, mon plan de carrière, c'est d'être heureux et de faire les choses au moment où j'en ai envie. Mon projet de vie, c'est simplement d'apprécier la chance que nous avons de pouvoir respirer profondément. Pour le moment, j'ai un album en français qui est pratiquement écrit."
Gilbert Montagné, Get Ready, EMI Music
Propos recueillis par Eddy Przybylski
source : La Dernière Heure 2007
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