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MessagePosté le: 05 Aoû 2006 23:05    Sujet du message: Répondre en citant

dimanche 6 août 2006. Saint Octavien (de Quingey) - Transfiguration - Saint Agapet - Sainte Véronique (patronne des photographes) - Saint Chremes

dicton du jour

Au mois d'août,
Le vent est fou


À 6 août couvert, pluie et neige en hiver.


Étrangetés et fantasmagories d'août

C'est par les chaudes soirées du mois d'août que le diar'fafou prend les traits d'un auto-stoppeur pour tromper les bons voyageurs. Tous les ans, il entraîne une nouvelle femme dans son repaire du fouillou en Haute-Marne et l'oblige à tenir sa maison tout l'hiver. On peut le reconnaître par trois points rouges qu'il porte derrière l'oreille gauche.


Cela s'est passé un 6 août...

258 -- 6 août
Le martyre du pape Sixte II
Alors qu'il célèbre l'office dans le cimetière de Calixte à Rome, le pape Sixte II et quatre autres diacres sont arrêtés par les soldats de l'empereur Valérien et décapités. Deux édits interdisant le culte chrétien viennent alors d'être promulgué dans l'Empire romain. Un siècle plus tard, l'empereur Constantin se convertira au christianisme, mettant ainsi fin aux persécutions et faisant du monde romain un empire chrétien.

1806 -- 6 août
Fin du Saint Empire romain germanique
Le Saint Empire romain germanique est dissous lors de la renonciation de François II de Habsbourg à la couronne impériale. Cet Empire avait été fondé par Otton Ier en 962 et comprenait au début les royaumes de Germanie, d'Italie et de Bourgogne. Il perdit beaucoup de ses territoires au cours des siècles et ne résista pas aux conquêtes napoléoniennes. François prend alors le titre d'empereur d'Autriche et donnera sa fille Marie-Louise en mariage à Napoléon.

1825 -- 6 août
La Bolivie naît de la scission du Pérou
Après la victoire à Ayacucho d'Antonio José Sucre, lieutenant du général vénézuelien Simon Bolivar, l'indépendance du Haut-Pérou est proclamée. Le Pérou est divisé entre le Haut-Pérou, qui prend le nom de Bolivie par fidélité à Simon Bolivar, et le Bas-Pérou, qui garde le nom de Pérou. L'ancienne colonie espagnole rédigera alors sa première Constitution.

1926 -- 6 août
Les Warners présente le vitaphone
Les frères Warner présentent à New-York "Don Juan" d'Alan Crosland, un film utilisant le vitaphone, un procédé de restitution sonore avec la synchronisation par disque. Les frères Warner, qui ont racheté la société Vitaphone, viennent de créer la Warner Bross, une société spécialisée dans la production et la distribution de disques. L'année suivante, ils présenteront "The Jazz Singer" d'Alan Crosman, le premier film entièrement sonore et chantant.

1926 -- 6 août
Une femme traverse la Manche
L'Américaine de 19 ans Gertrude Ederle est la première femme à traverser la Manche à la nage. Elle réalise l'exploit, entre le cap Gris-Nez (Pas-de-Calais) et Kingsdown, en 14 heures et 31 minutes, battant ainsi tous les records. Deux ans plus tôt, lors des Jeux Olympiques à Paris, elle avait remporté trois médailles.

1945 -- 6 août
Bombe atomique sur Hiroshima
À 8h15, l'avion américain "Enola Gay" lâche la première bombe atomique, "Little Boy", sur la ville Hiroshima, siège du commandement du Japon impérial. L'explosion provoquera la mort d'environ 100 000 personnes et anéantira complètement la ville dans un rayon de 2 kilomètres. Les radiations continueront à faire de nombreuses autres victimes pendant des années. Cette explosion a été décidée par le président américain Harry Truman pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.

1970 -- 6 août
La Solitaire du Figaro est organisée
Une dizaine de participants s’élancent dans la course à la voile en solitaire mise en place par le journal français "l’Aurore". Tous partent de Brest et espèrent sortir vainqueur de cette course côtière à étapes. C’est Joan de Kat qui remportera cette première édition. Par la suite, on verra se succéder à la victoire Gilles Gahinet, Philippe Poupon ou encore Michel Desjoyeaux. Quelques années plus tard, le journal "le Figaro" sponsorisera la course, avant d’être rejoint par Afflelou, en 2003.


Et aussi ce jour-là...

6 août 480 av. J.-C.
Combat des Thermopyles. Il s'agit d'un défilé très étroit de six à sept kilomètres de longueur. D'un côté, des montagnes très escarpées surplombent le passage ; de l'autre, s'étendent la mer et des marécages. Aujourd'hui, la mer s'est retirée et le défilé est devenu beaucoup plus large ; mais, dans l'Antiquité, « il ne pouvait y passer qu'un char de front », précisait Hérodote. Quand le roi des Perses, Xerxès, fils de Darius, menaça d'envahir le pays par le Nord, toutes les cités grecques s'unirent et décidèrent de placer leur ultime ligne de défense aux Thermopyles. L'on confia à Léonidas, roi de Sparte, la mission de défendre cette frontière et d'empêcher coûte que coûte toute invasion. Léonidas s'établit donc dans le défilé des Thermopyles avec trois cents Spartiates, auxquels s'étaient joints six mille Grecs venus d'autres cités ; c'est dire qu'ils étaient bien peu nombreux face à une armée perse qui, elle, comptait, du moins on l'affirme, deux millions d'hommes.
La bataille s'engagea, et malgré leur écrasante supériorité numérique, les Perses furent tenus deux jours en échec. Le troisième jour, un berger nommé Ephialtès indiqua à Xerxès un chemin qui lui permettrait de contourner les Grecs et de les attaquer à revers. Léonidas avait négligé de défendre ce sentier que personne ne connaissait, du moins il le croyait. Lorsqu'il apprit la manoeuvre des Perses, le roi envoya tous ses alliés grecs et ne garda avec lui que les Spartiates, car il était impossible pour eux de survivre à une défaite. Il leur fit prendre un frugal repas, en les assurant que « le soir même ils souperaient tous chez Pluton ». Effectivement, lorsque la nuit fut venue, Léonidas les lança à l'attaque du camp perse où ils furent tous massacrés, et lui, l'un des premiers. Bien plus tard, lorsque le combat fut entré dans la légende, on grava sur un rocher des Thermopyles la phrase célèbre : « Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses lois. »

6 août 1552
Arrêt du parlement de Paris contre les écoles buissonnières, cours d'enseignement que les luthériens allaient suivre à la campagne, pour échapper à la poursuite du chantre de Paris, qui avait la présidence des écoles.

6 août 1666
Chaleur extraordinaire à Paris. Cette journée fut vraiment si chaude qu'elle est restée célèbre dans les annales de la météorologie. Dans le Midi de la France, les thermomètres se brisaient et il était même possible de faire cuire des oeufs au soleil. Toutes les vignes furent brûlées par le soleil.

6 août 1747
Mort de Vauvenargues, auteur de pensées remarquables. Un critique a dit : « La Rochefoucauld humilie l'homme par une fausse théorie ; Pascal l'afflige et l'effraie du tableau de ses misères ; La Bruyère l'amuse de ses propres travers ; Vauvenargues le console et lui apprend à s'estimer. »
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MessagePosté le: 05 Aoû 2006 23:06    Sujet du message: Répondre en citant

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MessagePosté le: 06 Aoû 2006 15:45    Sujet du message: Répondre en citant

Les saints du 6 août

BIENHEUREUX OCTAVIEN DE QUINGEY (+ 1128)


Il était le fils d'un seigneur bourguignon, le comte Guillaume II, l'un de ses frères devint pape sous le nom de Callixte II (+ 1124) et un autre fut évêque de Besançon. Il se serait fait moine à Cluny si son père ne lui avait réservé la succession et obligé à faire son droit à l'université de Bologne. A la mort de son père, il ne revint pas prendre cette succession, mais s'arrêta à Pavie en Lombardie pour entrer à l'abbaye de Saint Pierre au Ciel d'Or. Par humilité, il refusa d'en devenir l'abbé, mais, vingt mois avant sa mort, il dut accepter de devenir évêque de Savone.


LA TRANSFIGURATION DU SEIGNEUR


Au moment de commencer sa montée vers sa Passion, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène sur une montagne, le mont Thabor selon la tradition. Là, il est transfiguré devant eux et reçoit du Père ce témoignage :" Celui-ci est mon Fils bien-aimé." Au jardin des Oliviers, au soir de son arretation, ce sont les mêmes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus prendra avec lui. Ce n'est pas une coïncidence. Ceux qui allaient le voir défiguré ("il n'avait plus figure humaine" avait annoncé le prophète Isaïe) ce sont eux qui devaient, auparavant, l'avoir vu transfiguré : le Jésus Fils de Dieu est le même que le Jésus crucifié. La fête de la Transfiguration est très ancienne dans l'Orient chrétien. Elle fut très tôt fixée au 6 août, en plein été. Au 10ème siècle, elle devint même, de par décision de l'empereur, fête chômée dans tout l'empire byzantin. En Occident, après avoir été longtemps fête locale, elle fut constituée fête universelle après la victoire qui stoppa l'avance turque en 1456. La date liturgique de sa célébration fut choisie d'après la pratique des Eglises orientales. Avec le Baptême du Christ, c'est une fête de théophanie, c'est-à-dire de manifestation du Christ comme Fils de Dieu. Elle est célébrée en ce jour par l'Eglise d'Occident et tous les Orientaux byzantins, syriens et coptes. L'Eglise arménienne la reporte au dimanche suivant.



BIENHEUREUSE BERTHE DE BIBOURG (+ 1151)
SAINT CHREMES (+ 1116)
SAINT HORMISDAS (+ 523)
SAINT THEOCTISTE DE TCHERNIGOV (+ 1123)


Dernière édition par Cricri-FB le 06 Aoû 2006 15:46; édité 1 fois
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MessagePosté le: 06 Aoû 2006 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

6 août 1284

La Corse devient génoise



Le 6 août 1284, près de la petite île de La Meloria, au large de Livourne, la flotte de Pise est complètement anéantie par celle de Gênes. Cette bataille de Meloria consacre la suprématie de la Sérénissime République de Gênes sur la Méditerranée occidentale.

Pise, de son côté, tombe sous l'influence de Florence, sa rivale en Toscane.

Cette rivalité entre cités italiennes a des conséquences importantes pour une île oubliée, la Corse. Celle-ci passe de la tutelle de Pise à celle de Gênes.


Une Histoire tourmentée


Connue des Grecs sous le nom de Kyrnos, la Corse avait fait l'objet d'une colonisation par les Phocéens, ceux-là mêmes qui avaient fondé Massilia (aujourd'hui Marseille) sur le continent. Ils fondent dans la plaine orientale la cité d'Alalia (aujourd'hui Aléria).

L'île devient carthaginoise avant que les Romains ne s'en emparent à l'issue de la première guerre punique. La plaine orientale devient bientôt l'un des greniers à blé de Rome.

Aux premiers siècles du Moyen Âge, l'insécurité s'installe et les côtes sont écumées par les pirates sarrasins tant et si bien que la population commence à se replier vers les montagnes de l'intérieur.

L'île devient en théorie un territoire pontifical en vertu d'une donation faite au pape Étienne II par le roi des Francs, Pépin le Bref, en 754 et confirmée par son fils Charlemagne en 794 au pape Adrien 1er.

En 1078, le pape Grégoire VII confie la gestion de l'île à l'archevêque de Pise. Le pape Urbain II précise les modalités de cette gestion par une bulle (*) en 1091.

C'est ainsi que la Corse va vivre pendant deux siècles dans une certaine autonomie, sous la souveraineté théorique de Pise. De cette période, les chroniques gardent le souvenir quelque peu idéalisé d'une société de pasteurs et de paysans relativement prospère.

Au XIe siècle, les Pisans détruisent les repaires de pirates musulmans établis sur les côtes. Mais les incursions venues de la côte nord-africaine ne vont pour ainsi dire jamais cesser jusqu'au XVIIIe siècle. Le drapeau actuel de la Corse en perpétue le souvenir avec le profil d'un prisonnier maure ou barbaresque.

Après la bataille de La Meloria, la Corse ne cesse pas d'appartenir à la papauté du point de vue du droit international. Mais elle passe sous l'autorité effective des Génois et sa situation tend alors à se dégrader.

L'île est divisée en deux régions administratives séparées par la chaîne montagneuse centrale : l'En-Deçà-des-Monts (capitales : Bastia et Calvi) et l'Au-Delà-des-Monts (capitale : Ajaccio). Ces régions recoupent les limites des départements institués par la Révolution en 1793, le Golo et le Liamone, ainsi que des départements institués par la Ve République en 1976 : la Haute-Corse et la Corse du Sud. Elles sont elles-mêmes subdivisées en 90 pièvi (ou piéves), l'équivalent des cantons actuels.

Les habitants de la partie nord de l'île se signalent par des dialectes apparentés au toscan tandis que ceux du sud emploient des dialectes proches du sarde (la langue de la Sardaigne voisine).

Rebutés par le caractère rebelle des habitants, les Génois s'abstiennent de pénétrer dans l'intérieur et se cantonnent dans les villes côtières, Bastia, Ajaccio, Porto-Vecchio,...

En 1405, Vincetellu d'Istria, un noble corse allié du roi d'Aragon, part de Barcelone avec trois galères et s'empare de l'île. Il fonde la citadelle de Corte, au centre de l'île, mais perd le soutien de la population et finit décapité par les Génois en 1434.

Sous la Renaissance, les Corses entrent en résistance contre l'Office Saint-Georges (ou «Casa San Giorgio»), une compagnie parapublique qui a reçu de Gênes en 1453 délégation pour exploiter leur pays.

Réduite à la faillite par l'incurie de ses représentants et l'agitation en Corse, la compagnie se voit retirer sa délégation un siècle plus tard.

Conséquence de leur résistance à l'oppression génoise, les communautés rurales de l'En-Deçà-des-Monts forgent une démocratie locale assez ressemblante à celle des cantons suisses.

Notons que, dans ces communautés, les femmes participent aux débats publics. Le droit de vote leur sera confirmé par la Constitution d'Orezza, en 1735.

En 1553, Sampiero Corso, un Corse exilé en France, renouvelle la tentative de d'Istria. Il s'empare de l'île pour le compte du roi de France mais ce dernier la restitue à Gênes lors du traité du Cateau-Cambrésis de 1559.

La Sérénissime République maintient dès lors tant bien que mal sa domination sur la Corse.

À l'orée du «Siècle des Lumières», Gênes est au plus mal. Son port est même bombardé par la flotte française d'Abraham Duquesne. Fait sans précédent, le doge doit s'agenouiller humblement devant Louis XIV, le Roi-Soleil. Cette perte d'influence encourage les Corses à la rébellion.
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MessagePosté le: 06 Aoû 2006 17:18    Sujet du message: Répondre en citant

6 août 1945

Une bombe atomique sur Hiroshima !



Le 6 août 1945, l'explosion d'une bombe atomique au-dessus de la ville d'Hiroshima, au Japon, précipite la fin de la Seconde Guerre mondiale et inaugure l'Age nucléaire. Depuis lors plane sur le monde la crainte qu'un conflit nucléaire ne dégénère en une destruction totale de l'humanité.


Un projet ancien


Dès avant la Seconde Guerre mondiale, les savants réfugiés aux États-Unis, à commencer par Albert Einstein, ont averti le président Franklin Roosevelt du risque que Hitler et les nazis ne mettent au point une bombe d'une puissance meurtrière exceptionnelle fondée sur le principe de la fission nucléaire.

En novembre 1942, désireux de devancer à tout prix les Allemands, le président américain inaugure en secret un programme de mise au point de la bombe atomique sous le nom de code Manhattan Engineer Project.

À la mi-1945, la bombe est pratiquement au point mais les conditions de la guerre ont entre temps changé. L'Allemagne nazie est à genoux et s'apprête à capituler sans condition. Seul reste en guerre le Japon, mais celui-ci est loin de disposer d'une puissance militaire, industrielle et scientifique comparable à celle de l'Allemagne.


Résistance désespérée du Japon


À l'instigation des généraux qui tiennent le pouvoir, le Japon s'entête dans une résistance désespérée.

Les Américains ont pu en mesurer la vigueur lors de la conquête de l'île méridionale d'Okinawa : pas moins de 7.600 morts et 31.000 blessés dans les rangs américains entre avril et juin 1945 ! Dans la conquête de l'île d'Iwo Jima, 5.000 Américains sont tués. Les Japonais, quant à eux, n'ont que 212 survivants sur 22.000 combattants.... Les avions-suicides surnommés kamikaze («vent divin») et jetés contre les navires américains montrent également que les Japonais ne reculent devant rien pour retarder l'échéance.

Les bombardements conventionnels qui se multiplient depuis le début de l'année 1945 n'ont pas davantage raison de leur détermination. Le plus important a lieu le 19 mars 1945 : ce jour-là, une armada de 234 bombardiers B-29 noie Tokyo sous un déluge de bombes incendiaires, causant 83.000 morts.

L'état-major américain avance le risque de perdre 500.000 soldats pour conquérir Honshu, l'île principale de l'archipel (un débarquement est projeté le... 1er mars 1946). Le président Truman, dans ses Mémoires, évoque même le chiffre d'un million de victimes potentielles (sans étayer ce chiffre). Plus sérieusement, d'aucuns pensent aujourd'hui qu'une soumission de l'archipel par des voies conventionnelles aurait coûté environ 40.000 morts à l'armée américaine...

C'est ainsi qu'émerge l'idée d'utiliser la bombe atomique non plus contre l'Allemagne mais contre l'empire du Soleil levant en vue de briser sa résistance à moindres frais.

Le président Franklin Roosevelt meurt le 12 avril 1945 et son successeur à la Maison Blanche, le vice-président Harry Truman, reprend à son compte le projet d'un bombardement atomique sur le Japon. Celui-ci paraît d'autant plus opportun qu'à la conférence de Yalta, le dictateur soviétique Staline a promis d'entrer en guerre contre le Japon dans les trois mois qui suivraient la fin des combats en Europe, soit avant le 8 août 1945.

Or, Truman commence à s'inquiéter des visées hégémoniques de Staline. Il souhaite donc en finir avec le Japon avant qu'il n'ait l'occasion d'intervenir. Il souhaite aussi ramener le dictateur soviétique à plus de mesure par une démonstration de la puissance militaire américaine.

Le 3 juin, l'empereur Showa (Hiro Hito), qui a compris que son pays avait de facto perdu la guerre, demande par l'entremise de l'URSS l'ouverture de négociations de paix. Mais Staline fait traîner les choses et les généraux nippons s'en tiennent satisfaits.


Le bombardement


Le 16 juillet 1945, l'équipe de scientifiques rassemblée autour de Robert Oppenheimer procède dans le désert du Nouveau Mexique, sur la base aérienne d'Alamogordo (près de Los Alamos), à un premier essai nucléaire. L'expérience est pleinement réussie et convainc le président Truman de passer à la phase opérationnelle. Un ultimatum adressé au Japon le 26 juillet par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine fait implicitement allusion à une arme terrifiante.

Dans les cercles du pouvoir, chacun est partagé entre la crainte d'ouvrir la boîte de Pandore et la hâte d'en finir avec la guerre. Pour éviter de tuer des civils innocents, on évoque l'idée d'une frappe atomique sur le sommet du Fuji Yama, la montagne sacrée du Japon. L'idée est rapidement abandonnée car son efficacité psychologique est jugée incertaine et en cas d'échec, les Américains, qui ne disposent que de deux bombes A (A pour atomique), seraient en peine de rattraper le coup.

Disons aussi que, faute d'expérience, les scientifiques du projet Manhattan ne mesurent pas précisément les effets réels de la bombe atomique sur les populations. Et la perspective d'une bombe atomique sur une ville ennemie choque assez peu les consciences après les bombardements massifs sur les villes d'Allemagne et du Japon, les révélations sur les camps d'extermination nazis et les horreurs de toutes sortes commises sur tous les continents...

Finalement, au petit matin du 6 août 1945, un bombardier B-29 s'envole, solitaire, vers l'archipel nippon. Aux commandes, le colonel Paul Tibbets. La veille, il a donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay.



Dans la soute, une bombe à l'uranium 235 de quatre tonnes et demi surnommée Little Boy. Sa puissance est l'équivalent de 12.500 tonnes de TNT (trinitrotoluène, plus puissant explosif conventionnel) avec des effets mécaniques, radioactifs et surtout thermiques).

L'objectif est déterminé pendant le vol. Parmi plusieurs cibles potentielles (Nigata, Kyoto, Kokura et Hiroshima), l'état-major choisit en raison de conditions météorologiques optimales la ville industrielle d'Hiroshima (300.000 habitants).

La bombe est larguée à 8h15, heure locale. Elle explose à 600 mètres du sol, lance un éclair fulgurant puis dégage le panache en forme de champignon caractéristique des explosions atomiques. 70.000 personnes sont tuées et parfois volatilisées sur le coup. La majorité meurent dans les incendies consécutifs à la vague de chaleur. Plusieurs dizaines de milliers sont grièvement brûlées et beaucoup d'autres mourront des années plus tard des suites des radiations (on évoque un total de 140.000 morts des suites de la bombe).



Cette attaque sans précédent n'ayant pas suffi à vaincre la détermination des dirigeants japonais, les Américains décident trois jours plus tard, le 9 août, de larguer leur deuxième bombe atomique. Celle-là est au plutonium et non à l'uranium 235, une différence au demeurant insignifiante du point de vue des futures victimes.

Le bombardier B-29 de Charles Sweeney survole d'abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250.000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d'effectuer le funeste largage. 40.000 personnes sont cette fois tuées sur le coup et des dizaines de milliers d'autres gravement brûlées (80.000 morts au total selon certaines estimations). Plusieurs milliers de victimes sont catholiques, la ville étant au coeur du christianisme japonais.


La reddition


La veille de l'attaque de Nagasaki, l'URSS a déclaré la guerre au Japon et le lendemain, le 9 août, elle a envahi la Mandchourie. Mais conformément aux attentes de Washington, ce sont les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki qui convainquent le gouvernement japonais de mettre fin à une résistance désespérée. Dès le 10 août, Tokyo fait savoir sa décision à Washington.

Le 14 août, les Japonais, sidérés, entendent pour la première fois la voix de leur empereur ou mikado dans les hauts-parleurs installés partout dans les rues. D'une voix grave et embarrassée, Hiro Hito leur annonce sa décision de mettre fin à la guerre. Consternation, cris et pleurs secouent les foules (sans exclure chez beaucoup de citoyens un soulagement secret à la perspective de la paix). Atterrés, des cadres du régime et des officiers choisissent de mettre fin à leurs jours selon le rituel nippon.

Le 2 septembre, le nouveau ministre des Affaires étrangères Shigemitsu et le chef d'état-major de l'armée impériale, le général Umezu, interdit de suicide par l'empereur, se rendent sur le pont du croiseur Missouri, dans la rade de Tokyo. En présence du général américain Douglas MacArthur, ils signent la capitulation de leur pays. La Seconde Guerre mondiale est terminée... et le monde entre dans la crainte d'une apocalypse nucléaire.




Points de vue


Notons que l'opinion publique ne prit guère la mesure des événements qui venaient de se produire ces 6 et 9 août 1945. Ainsi le quotidien français Le Monde titra-t-il le 8 août 1945, comme s'il s'agissait d'un exploit scientifique quelconque : «Une révolution scientifique. Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le Japon».

Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé : «Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. [...] Il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles».


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MessagePosté le: 06 Aoû 2006 22:30    Sujet du message: Répondre en citant

lundi 7 août 2006. Saint Gaétan (de Thienne) - Saint Sixte (II) - Saint Albert (de Messine) - Saint Donat

dicton(s) du jour

En août, de l'aube au soir,
On n'a qu'une heure pour s'asseoir


Quiconque se marie en août,
souvent ne ramasse rien du tout



En Bretagne, certains pêcheurs prétendent que Dieu ayant créé la terre, Satan fit naître les eaux pour la noyer.
D'autres disent que Dieu créa la mer avec une écuellée d'eau et trois grains de sel, qui ont suffi à la rendre salée pour toujours.


Cela s'est passé un 7 août...

1620 -- 7 août
La "drôlerie des Ponts-de-Cé"
Les armées du roi Louis XIII défont facilement celles de la reine-mère Marie de Médicis près d'Angers. En 1617, Louis XIII décida de prendre en main les affaires du royaume, fit assassiner Concini et assigner à résidence Marie de Médicis au château de Blois. Celle-ci s'en échappa et, soutenue par une partie de la noblesse, elle commença à intriguer contre son fils. Mais cette coalition est vaincue par l'armée royale. Dix ans plus tard, Marie de Médicis, condamnée à l'exil, sera complètement écartée du pouvoir.

1786 -- 7 août
La première ascension du Mont Blanc
Le médecin Gabriel-Michel Paccard, 29 ans, et le chasseur savoyard Jacques Balmat, 24 ans, entreprennent l'ascension du mont Blanc. Ils ont ainsi relevé le défi de Horace Bénédict de Saussure, un jeune scientifique genevois, qui avait promis une forte récompense à qui atteindrait le premier le plus haut sommet d'Europe. Cette ascension marque le début de l'alpinisme. Les deux hommes ont aujourd'hui leurs statues sur la place de Chamonix.

1815 -- 7 août
Signature du « Pacte fédéral » en Suisse
Au lendemain du Congrès de Vienne, un pacte fédéral est signé entre vingt-deux cantons suisses. Genève, Neuchâtel et le Valais, qui s’étaient vues annexées par la France impériale, rejoignent la Confédération suisse des dix-neuf anciens cantons. De même, l’ancien Évêché de Bâle (partie du Jura) est rattaché au canton de Berne. Les liens sont renforcés par une armée commune et chaque canton retrouve une totale souveraineté. La Suisse est désormais reconnue par l’Europe comme étant un territoire perpétuellement neutre.

1940 -- 7 août
Churchill reconnaît la légitimité de de Gaulle
Churchill, s'opposant ainsi à une partie de son entourage, reconnaît la pleine légitimité du Général de Gaulle et des mouvements de résistance. Autrement dit, il devient aux yeux des britanniques le véritable représentant de l'Etat français. Rooselvelt, qui n'exclut pas une coopération avec le régime Vichy et qui se méfie de la personnalité du général, sera bien moins enthousiaste. Toutefois, c'est le début d'un processus de reconnaissance et de soutient financier qui permettra à la France Libre de participer aux combats et au pays d'être considéré comme un membre des Alliés en 1945.

1942 -- 7 août
Les marines débarquent à Guadalcanal
La première division de marines débarque à Guadalcanal dans les Iles Salomon. C'est le premier assaut américain contre les positions japonaises dans l'océan Pacifique. Les Japonais avaient commencé à y installer des bases aériennes afin de contrôler le sud-est Pacifique. Ils seront chassés de l'île en février 1943 après de durs combats qui coûteront la vie à plus de 6 000 Américains et 24 000 Japonais.

1960 -- 7 août
La Côte-d'Ivoire indépendante
Lors du processus de décolonisation de l'Afrique noire française, après le Dahomey (l'actuel Bénin), le Niger et la Haute-Volta (l'actuel Burkina Faso), c'est au tour de la Côte-d'Ivoire de proclamer son indépendance. Colonie française en 1893, territoire d'outre-mer (TOM) en 1946, république autonome en 1958, la Côte-d'Ivoire accède à l'indépendance avec Félix Houphouët-Boigny qui restera président et mènera une politique de collaboration avec la France jusqu'à sa mort en 1993.

1974 -- 7 août
Chirac annonce l'éclatement de l'ORTF
Le Premier ministre Jacques Chirac présente la réforme de l'audiovisuel. La loi prévoit le démantèlement de l'Office de la radiodiffusion-télévision française (ORTF) en 7 sociétés indépendante : 3 chaînes (Télévision Française1, Antenne2 et France-Régions3), la Société française de production (SFP), Télédiffusion de France (TDF), Radio France, et l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Le monopole d'Etat est maintenu. La loi sera mise en application l'année suivante avec la colorisation de TF1.

1998 -- 7 août
Attentats anti-américains au Kenya et en Tanzanie
Les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et de Dar es-Salaam (Tanzanie) sont la cible de deux attentats à la voiture piégée, à quelques minutes d'intervalles. Ces explosions feront 224 victimes, dont 12 Américains, et plus de 4 500 blessés. Les États-Unis accuseront le réseau terroriste Al-Qaïda d'avoir orchestré ses attentats. Le président Bill Clinton ordonnera le bombardement de camps d'entraînement de terroristes en Afghanistan et d'un laboratoire de produits chimiques au Soudan.


Et aussi ce jour-là...

7 août 1169
Louis VII dit le Jeune, pose la première pierre du château de Fontainebleau.

7 août 1620
Accommodement ménagé par Richelieu, chef du conseil de Marie de Médicis, entre cette princesse et Louis XIII son fils. La promesse d'un chapeau de cardinal fut la récompense de l'habile négociateur, que ses talents élevèrent depuis au ministère.

7 août 1830
Nouvelle charte constitutionnelle de France, après l'élection au Parlement Français de la Monarchie dite de Juillet.
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jolie grenouille
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 10:47    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Christian pour les evenement du jour :26:
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 10:59    Sujet du message: Répondre en citant

jolie grenouille a écrit:

Merci Christian pour les evenement du jour :26:


Pas de quoi et merci pour le bisou Smile


Dernière édition par Cricri-FB le 07 Aoû 2006 11:00; édité 1 fois
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 11:08    Sujet du message: Répondre en citant

7 août 1960

Indépendance de la Côte d'Ivoire



Le 7 août 1960, la Côte d'Ivoire devient une république indépendante après avoir été colonie française pendant les 67 premières années de son existence.

Son premier président est un médecin de 55 ans devenu planteur de cacao et militant syndical, Félix Houphouët-Boigny.


Le «Vieux»


Né dans le village de Yamoussoukro (aujourd'hui capitale administrative du pays), en pays baoulé, il est baptisé à l'âge de dix ans. Devenu adulte, il exerce la médecine avant d'hériter en 1940 des grandes plantations de cacao de son oncle maternel ainsi que de la chefferie des Akoué, autour de Yamoussoukro. Il devient dès lors un notable respecté, surnommé affectueusement le «Vieux».

Comme les planteurs africains de cacao et de café souffrent de discriminations vis-à-vis de leurs homologues européens, il fonde le Syndicat Agricole Africain et mène la lutte pour l'obtention des mêmes droits.

Après la Seconde Guerre mondiale, il est élu député à l'Assemblée constituante, à Paris, et devient plusieurs fois ministre dans les gouvernements de la IVe République. Il fait passer le 11 avril 1946 une loi qui porte son nom pour l'abolition du travail forcé dans les colonies.

En octobre de la même année, il participe à Bamako, au Soudan français (l'actuel Mali), à la création du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Ce nouveau parti politique réunit des militants des huit territoires de l'Afrique Occidentale Française (AOF), dont la Côte d'Ivoire. Il en est élu président par acclamations.

Quand le général de Gaulle installe la Ve République, la Côte d'Ivoire, à l'instigation de Félix Houphouët-Boigny, le soutient sans réserve.

Le référendum du 28 septembre 1958 jette les bases d'une Communauté au sein de laquelle la Côte d'Ivoire devient une République autonome...

Mais, peu désireux de partager avec les autres territoires d'AOF les richesses (relatives) de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny ne veut pas dissoudre celle-ci dans une fédération africaine comme le souhaiterait son homologue Léopold Sédar Senghor.

En juin 1960, le «Vieux» rompt les liens avec la Communauté française tout en préservant d'étroites relations avec Paris. C'est enfin l'indépendance.


Sagesse et modération


Le nouveau président fait d'emblée le choix d'une coopération sans réserve avec l'ancienne puissance coloniale.

Il prend le contrepied de ses homologues africains, tous imprégnés d'idéologie marxiste et prompts à dénoncer le «néo-colonialisme» des Occidentaux.

C'est ainsi qu'il se contente d'une armée d'opérette, faisant confiance à la France pour assurer sa sécurité extérieure.

Houphouët-Boigny prône l'économie de marché. Il ne considère pas d'autre part que son peuple soit prêt pour une démocratie à l'occidentale. Il instaure un parti unique, le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) dans lequel il a soin d'intégrer des représentants de toutes les ethnies ou tribus du pays (soixante au total).

Au sein du gouvernement et dans l'administration, le président fait preuve de la même pondération. Chaque ethnie a sa part du pouvoir et... de l'aide occidentale.

Aux bonnes âmes qui s'affligent de ce que les Européens aient créé en Afrique des États artificiels, Félix Houphouët-Boigny répond en octobre 1985 lors d'un congrès de son parti : «Non ! les Européens n'ont pas balkanisé les peuples d'Afrique ! Ils les ont au contraire rassemblés».

De cette façon, la Côte d'Ivoire se développe paisiblement pendant près de trois décennies, ignorant presque totalement les turbulences idéologiques qui secouent le continent noir et l'entraînent de culbute en culbute.


Premiers nuages


Grâce au café et surtout au cacao, dont le pays est devenu le premier producteur mondial, le produit national brut par tête triple de l'indépendance à 1972, dépassant celui de tous les autres pays d'Afrique noire à l'exception de l'Afrique du sud.

Les commentateurs qualifiés prédisent que la Côte d'Ivoire sera le premier pays d'Afrique noire à entrer dans le club des pays développés. Ils oublient un peu vite que son administration n'est guère plus efficace ni honnête que dans le reste du continent. Son développement dépend d'autre part de deux cultures d'exportation, cacao et café, sensibles aux fluctuations des cours mondiaux.

Surtout, ce développement repose sur la présence d'une importante communauté de Français ainsi que de Libanais et autres Occidentaux (au total jusqu'à 150.000 Blancs), mais aussi sur de très nombreux immigrants en provenance des pays voisins, en particulier de la Haute-Volta (aujourd'hui le Burkina Faso).

Ces derniers, exploités dans des conditions pénibles sur les plantations, en sont arrivés à représenter un quart à un tiers de la population du pays (au total vingt millions d'habitants au début du XXIe siècle).

En 1980, lorsque chutent les cours mondiaux du cacao, les planteurs ivoiriens se tournent avec confiance vers la Caisse de stabilisation.

Cet organisme public achète la production de cacao et la revend à l'étranger. Avec les gains énormes qu'il a réalisés pendant les années de prospérité, il devrait être en mesure de continuer à acheter le cacao aux paysans au même prix quitte à le revendre à perte à l'exportation.

Mais l'on s'aperçoit avec consternation que la trésorerie de la Caisse de stabilisation a été pillée par les dirigeants du pays... C'est que la Côte d'Ivoire n'échappe pas plus que les autres pays d'Afrique au fléau de la corruption, l'un des pires qui soient.

Les paysans en sont réduits à subir la chute des cours de plein fouet et sans filet amortisseur. Le rêve est fini.


Le modèle se grippe


Le 20 juin 1990, à La Baule, station balnéaire de la côte bretonne, le président François Mitterrand réunit les chefs d'État africains et les invite à développer la démocratie dans leur pays à l'image des Européens de l'Est qui viennent de s'affranchir de la tutelle communiste.

Il subordonne l'aide française à l'introduction du multipartisme, déclarant à ses hôtes : «La France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté».

Félix Houphouët-Boigny déplore que son vieil ami François Mitterrand ait pu croire que la démocratie parlementaire à l'européenne puisse s'exporter en Afrique où les règles de droit sont encore balbutiantes et où les enjeux politiques se résument au partage de la manne occidentale (aide publique, dons privés et redevances des compagnies forestières, minières et pétrolières).

Mais qu'à cela ne tienne, puisqu'il le faut, on introduira le multipartisme. C'est ainsi que, de la Côte d'Ivoire au... Rwanda, se réveillent les antagonismes ethniques, chaque parti recrutant ses militants dans une communauté qui lui est propre. C'est l'antithèse du mode de gouvernement consensuel instauré par Houphouët-Boigny.

Le «Vieux» meurt le 7 décembre 1993 et, selon la Constitution, Henri Konan Bédié, président de l'Assemblée nationale, lui succède à la présidence.

Quelques mois plus tard, le gouvernement français d'Édouard Balladur décide courageusement de dévaluer de moitié le franc CFA (Colonies Françaises d'Afrique).

Cet héritage de la colonisation garantit aux États issus des anciennes colonies africaines une monnaie accrochée au franc français (aujourd'hui l'euro). Son cours est maintenu par la Banque de France quoi qu'il en coûte à cette dernière.

Le franc CFA permet à la France de maintenir ses anciennes colonies dans une relation de dépendance. Il facilite aussi les détournements de fonds et les transferts vers les coffres suisses ou luxembourgeois. Mais il pénalise les exportations des pays africains et leur commerce intérieur (les céréales locales peuvent par exemple se révéler plus chères que celles d'importation).

Conformément aux prévisions, la dévaluation du franc CFA se traduit en Côte d'Ivoire par une forte reprise de la production et des exportations.

On peut croire que la Côte d'Ivoire va repartir sur des bases saines. C'est compter sans la maladresse de la classe politique...

Aux élections présidentielles de 1994, le président sortant Henri Konan Bédié est élu après avoir empêché son principal rival, Alassane Ouattara, de se présenter au motif qu'il aurait des origines burkinabé (du Burkina Faso) et ne serait donc pas un vrai Ivoirien.

Le président invente à cette occasion le concept xénophobe d'«ivoirité» et réveille imprudemment dans tout le pays les tensions tribales et les pulsions racistes. De premières émeutes ont lieu et des ouvriers immigrés sont tués ou chassés. C'est le début d'un engrenage mortel...


Dernière édition par Cricri-FB le 07 Aoû 2006 20:02; édité 1 fois
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satanie
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 11:26    Sujet du message: Répondre en citant

Merci: toutes ces infos snt très enrichissantes! Bravo pour ton travail Smile
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jolie grenouille
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 11:44    Sujet du message: Répondre en citant

avec Christian on apprend et on retient + facilement.


MERCI Very Happy
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arcanciel
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 13:43    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent topic !
Un grand merci à Christian pour toutes ces informations ...

C'est une façon originale et un réel plaisir de revisiter ainsi les pages de l'histoire.
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Cricri-FB
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

satanie a écrit:

Merci: toutes ces infos snt très enrichissantes! Bravo pour ton travail Smile



jolie grenouille a écrit:

avec Christian on apprend et on retient + facilement.
MERCI Very Happy



arcanciel a écrit:

Excellent topic !
Un grand merci à Christian pour toutes ces informations ...

C'est une façon originale et un réel plaisir de revisiter ainsi les pages de l'histoire.



Merci beaucoup à vous d'apprécier ce topic et cela fait rudement plaisir ! :76:
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printemps
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

très beau travail cri-cri, merci Wink
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Cricri-FB
Maxi-Posteur


Inscrit le: 07 Déc 2005
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MessagePosté le: 07 Aoû 2006 20:05    Sujet du message: Répondre en citant

printemps a écrit:

très beau travail cri-cri, merci Wink



Merci Printemps, je vais t'avouer que je suis dans mon élément car je suis passionné d'Histoire et de géo-politique (principalement les pays d'Europe de l'Est et le Bassin méditerrannéen).
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